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PRÉLUDE DES ORIGINES für Bariton und Klavier (1959)
 
Anlässlich eines Auftrags des Ministeriums für Unterricht, Künste und Wissenschaft, 1957, einen Liederzyklus zu komponieren, sah sich Vermeulen längere Zeit nach Texten um, bevor er am 21. März 1959 in dem Band Ecce Homo von Georges Ribemont-Dessaignes auf das Gedicht Prélude des origines stiess. Dieses lange Gedicht in freien Versen setzt sich mit der Frage nach der Inspirationsquelle des Dichters auseinander und, im weiteren Sinne, mit dem Ursprung des Künstlertums. Der Frage, womit das Gedicht anfängt : "De qui est-tu né, poète?" folgen zuerst Vorschläge wie: aus "Zeit und Raum", aus "ohne Anfang und Ende", aus "ohne Vater und Mutter". Darauf zeigen sich die Fragen mehr erdgebunden: "vom Winde", "von der Nacht", "vom Feuer", immer begleitet von poetischen Evokationen dieser Naturerscheinungen. Mit den Schlusszeilen "Oh, muette soit la question qui se pose! Frères, je suis, mais je ne suis pas né" suggeriert der Dichter eine Antwort aus dem Bereich des Göttlichen und Metaphysischen, eine Art Antwort, welche Vermeulen auch selber hegte. Er nannte das Gedicht "ein kurzes Epos, handelnd über das Thema, das von Malraux mit den Worten la condition humaine gekennzeichnet wurde, aber wesentlich tiefer auf die Quintessenz der Frage eingehend. "
         Somit entstand ein grosszügiges Lied für Bariton und Klavier, geprägt von den wichtigsten Merkmalen Vermeulens vokaler Werke: Syllabik in der Gesangstimme, Chromatik in beiden Partien, und eine reiche Abwechslung in dem Aufbau der Begleitung, in welcher sich einige Male die kontrapunktische Verbindung unabhängiger Melodien manifestiert. Auch Wörter, wie "Wasser" und "Feuer" veranlassten dem Komponisten zu Tonmalerei in der Klavierpartie. Vermeulen vollendete Prélude des origines den 27. Oktober 1959.
         Anschliessend überlegte er sich noch andere Teile aus Ecce Homo hinzuzufügen, was zu dem Ergebnis hätte führen können, dass ein abendfüllendes Werk daraus geworden wäre. Doch dieser Plan wurde nicht verwirklicht, u.a. wegen Vermeulens Arbeit an seinem Streichquartett.
         Letztendlich wurde Prélude des origines nicht in den Zyklus Trois chants d'amour, den Vermeulen später bei dem Ministerium einreichte, aufgenommen. Vermeulen betrachtete die Komposition als ein selbständiges Lied. Es bleibt ungeklärt, warum er das Lied nie zur Aufführung angeboten hatte.
         Erst nach Vermeulens Tod fertigte seine Tochter Odilia eine Reinschrift an. Uraufgeführt wurde das Lied den 13. Februar 1983 in Odeon, Amsterdam durch Charles van Tassel, Bariton, und Marien van Nieukerken, Klavier.
 
Prélude des origines
Georges Ribemont-Dessaignes
 
De qui es-tu né, poète? Du temps et de l’espace,
Sans commencement ni n,
Sans père ni mère,
Comme une source au jardin des origines,
Demande-t-on quelle est sa naissance?
Et cette eau qui sourd de la n première,
O fontaine de la mémoire, fontaine du grand centre
De la terre,
Es-tu née, toi aussi, qui coules sur les cailloux blancs du souvenir,
De ce qui était sans être, avant le savoir
De l’existence?
 
Te voici volute enroulée comme une couleuvre
Délovée en marée amie du soleil et de la lune
Et bientôt retirée sous la main qui se baigne
Et le pied qui s’aventure
Pour marcher sur les eaux.
De qui je suis né? Du vent peut-être,
Du grand vent sans trêve ni domicile,
Né lui-même des horizons que jamais n’atteignent
Ni la main fardée de flatterie,
Ni le pied du voyageur qui pour les mieux apaiser
Déguise sa marche en danse et sa danse en vol,
Du grand vent à la crinière de cavale,
Aux doigts de feuilles mortes,
Au cri d’oiseau migrateur,
Au sommeil sans repos dans l’ombre des cheminées,
Au regard de fumée,
A l’amour cruel des soleils d’été
Dans les grandes vallées,
Séchant le sang des meurtres et les larmes des deuils
Sur les pierres, sur la sueur et la poussière…
 
Ou peut-être es-tu né de la nuit ou du feu?
Il est vrai que j’ai vu les troupeaux de la transhumance
Dormir sur une place aux ténèbres de paix,
Tandis qu’aux coins sombres abandonnés par les hommes
Resplendissait l’inme miracle des vers luisants.
Il est vrai que j’ai vu sur les bancs de la solitude,
Sous le lent virement du zodiaque,
Se nouer les mains, se mêler les soufes
Et s’ouvrir des cœurs d’où tombait goutte à goutte
Une plainte déchirante et divine.
Il est vrai que j’ai vu danser le feu à la pointe des herbes,
Courir sur les collines et jouir des mystères en fuite,
Veiller comme l’amour sous le souvenir
Dans l’âtre du silence,
Et j’ai respiré avec ivresse les cendres d’un univers en transe
Tordu dans les délices du suicide et les délires
Jaillis de son soufe avec la amme qui le dévore
Et dont il nourrit sa faim de trônes, de contrées et de sang
Jusqu’à ce que, seul, il vomisse ses os, la ponce et le soufre
Et la cendre de sa puissance,
Il est vrai aussi que dans quelque eden de l’insouciance
J’ai vu dans les parfums nocturnes s’allumer les lucioles,
Feux follets de l’absence et du manque,
O rêve nonchalant où rejoindre à doux cris le silence.
 
Mais peut-être suis-je né de la terre,
Suis-je sorti entre les jambes de la terre,
Comme une herbe, un grillon, une pierre,
Comme un écho jadis oublié dans un puits
Et germant tout à coup quand monte la sève
Et s’exhalant, soupir promis à la rosée,
Virtuelle liane aspirée par les étoiles
Hors de ton sein, poids de mon cœur, ô ma terre.
Mais voici que je me balance entre deux forces
Et danse comme un éphémère
Pour un jour éternel,
Pour l’amour éternel,
Comme un joyeux et léger éphémère
Pour la vie éternelle,
Pour la mort éternelle.
Oh muette soit la question qui se pose!
Frères, je suis, mais je ne suis pas né.
 
Georges Ribemont-Dessaignes
 
 
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